Education Positive

SORTIR DU SYSTÈME DE DOMINATION-SOUMISSION

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les enfants de la génération de nos parents ou grands-parents étaient beaucoup plus « sages » et obéissants que ceux d’aujourd’hui ? Qu’est ce qui a provoqué ce changement de comportement chez les enfants au fur et à mesure des générations ?

Nous sommes le produit d’une histoire

Jane Nelsen nous explique dans La Discipline Positive qu’autrefois, le modèle général était beaucoup plus inscrit dans un système de domination qu’aujourd’hui. Le père de famille était soumis à son patron, la mère était soumise à son mari, et donc les enfants étaient soumis à leurs parents. Nous sommes le produit d’une histoire.

On n’est pas sans savoir que l’enfant apprend par mimétisme. Il intègre ce qu’il voit dans l’environnement dans lequel il vit. Au passage, c’est pour ça que la fameuse phrase « Fais ce que je dis, fais pas ce que je fais » ne fonctionne pas. Si je vous demande de tracer dans l’air avec votre doigt un carré et que tout en vous donnant cette consigne, je trace un rond, il est fort probable que vous traciez un rond et non un carré.

C’est donc comme ça que les précédentes générations ont grandi, sur ce modèle de domination-soumission. Aujourd’hui, la société évolue, et en bien ! Elle a connu l’émancipation des femmes, ainsi les enfants ne se construisent plus, ou moins, avec l’image de la mère au foyer qui s’occupe des tâches ménagères, de son mari et de sa progéniture. De nos jours, de plus en plus de gens cherchent un mode de vie qui leur convienne vraiment et qui ne signifie pas forcément une maison, un travail avec un patron, etc. De plus en plus de gens remettent le système politique en question. La société sort petit à petit du schéma de domination, et il est finalement logique que les enfants suivent.

Donc la société évolue, c’est vrai, lentement. Mais il n’est pas possible de se dégager de siècles d’histoire en une génération, et il est évident que le paternalisme n’a pas totalement quitté notre système de pensée. Ce n’est que le début ! Encore aujourd’hui, ce schéma dominant-dominé est très présent, au point que c’est une manière de concevoir les relations entre les humains. Chacun se situe « au dessus » de quelqu’un et « en dessous » de quelqu’un d’autre. Et je pense que prendre conscience de tout ça, nous aide à mieux comprendre nos réactions d’enseignants ou de parents et à faire des choix plus éclairés quant à l’éducation que nous voulons donner à nos enfants.

Nouvelle considération de l’enfant

Maria Montessori nous explique dans son livre L’enfant, qu’au XIX siècle, l’enfant était considéré comme un estomac sur pattes qui doit juste manger et dormir, qui ne ressent ni la douleur, ni les émotions. Petit à petit, grâce à elle et à d’autres médecins et pédagogues, on s’est rendu compte que c’était faux. Notre connaissance du monde de l’enfant s’enrichit au fil des années.

Selon moi, le premier pas vers la discipline positive, c’est cette prise de conscience. Si l’on change notre manière de considérer les enfants et qu’on les traite comme des personnes à part entière, avec leurs émotions, leurs désirs, leur évolution propre, leur unicité, on sort plus facilement de la binarité autoritarisme / permissivité (dont je parle dans l’article « Introduction à l’éducation positive »), pour aller vers plus de bienveillance et de respect. Prenons l’exemple du bisous. Pourquoi obliger son enfant à faire un bisou à tata Josette pour lui dire bonjour, parfois jusqu’au chantage affectif (« Tata Josette va être très triste si tu ne lui fais pas de bisous »), plutôt que de lui demander de le faire avec des mots ou un gestes s’il n’a pas envie de faire de bisous ? Pourquoi se permet-on se prendre les enfants dans nos bras, de leur faire des bisous, de les toucher, sans leur demander s’ils sont d’accord, alors que jamais on ne ferait ça avec un adulte ?

Bien sûr, l’enfant reste une personne plus fragile qu’un adulte. C’est pour cela que l’adulte reste responsable de lui, et est là pour l’aider et l’accompagner dans son évolution et dans sa construction, et non pour le diriger et lui imposer son fonctionnement. C’est par là que nous pourrons sortir de ce schéma de domination d’une part, et d’autre part, aider l’enfant à grandir dans le respect des autres et de lui-même, et à devenir plus libre, autonome et heureux.

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