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FÉMINISME : UN GROS MOT ?

Pas mal de fois où je me suis trouvée à parler de féminisme avec d’autres personnes, plus ou moins proches, hommes ou femmes, j’ai constaté comme un recul, une distance, voire un dégoût chez mon interlocuteur.trice. Et au cours de la discussion, j’ai compris que ce mot « féminisme » était très souvent associé à violence, colère, agressivité, extrémisme … Je vous fais part ici de mes dernières réflexions sur le sujet.

Le féminisme, c’est quoi ?

Déjà, quelle est la définition de « féminisme » ? Le Larousse nous dit « mouvement militant pour l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société ».
Personnellement, je ne suis pas tout a fait d’accord sur cette définition. Le dictionnaire nous parle de mouvement militant, or je pense qu’on peut être féministe par ses idées, sa façon d’être, d’agir, sans pour autant militer. Tout comme on peut être écolo en faisant attention à ce que l’on consomme, en cherchant à réduire au maximum ses déchets, privilégier le vélo plutôt que la voiture et ne pas forcément être militant. De plus, ce mot « militant » amène la connotation violente et le lien avec actions et manifestations.
Ensuite par rapport au passage « amélioration et extension du rôle et des droits des femmes dans la société », j’aurais plutôt parlé « d’égalité entre les femmes et les hommes » qui est selon moi la notion importante. Car cette extension ne cherche pas inverser le rapport de domination entre hommes et femmes dans la société, comme le craignent certaines personnes, mais bien à chercher un équilibre et tendre autant que possible vers une égalité, ou même équité serait un terme encore plus juste, entre féminin et masculin. Attention, quand je dis égalité /équité, je ne parle pas de similarité. Hommes et femmes sont différents et même au delà de ça, chaque personne est unique, y compris dans son rapport à son genre. Mais comme un beau dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse un beau dessin …

Un combat terminé ?

Parmi les arguments qu’on entend souvent, il y a celui qui dit que les femmes de la génération de nos grands-mères avaient de bonnes raisons de se battre car elles avaient des combats légitimes, comme le droit de vote, la contraception, l’avortement, ne plus être considérée comme la propriété du père puis plus tard du mari … Mais qu’aujourd’hui (en tout cas en Occident) les femmes ont les mêmes droits que les hommes et que le combat pour l’égalité est terminé.
Je demande alors si l’on peut considérer comme égalitaire une société dans laquelle on garde un taux de féminicides hallucinant, dans laquelle certaines femmes sont moins payées que leurs collègues masculins pour un même travail, ou bien être discriminées à l’embauche ou se voir être licenciées ou mises au placard après avoir annoncé une grossesse à son employeur, dans laquelle les femmes et les filles sont les principales victimes du harcèlement (de rue, dans les transports en commun, harcèlement sexuel au travail …), dans laquelle la culture du viol est encore très présente et j’en passe.

Battez vous, ok mais calmement …

L’autre argument que j’ai beaucoup entendu est celui qui dit que, bon ok il y a encore des combats à mener mais que quand même si les femmes pouvaient le faire en s’exprimant de manière calme et sans colère, le message passerait bien mieux. Voire, dans la version extrême, que toutes les féministes sont des hystériques qui mènent une guerre contre les hommes.

Tout d’abord, dire que les féministes sont des harpies hystériques bouffeuses d’hommes, ne vole pas plus haut que de dire que tous les hommes sont des violeurs machos et misogynes. Et certes, il existe des groupes féministes qui mènent des actions pouvant être jugées choquantes et provocatrices. Mais, tout comme pour d’autres causes pouvant déranger comme le véganisme, on se plaît à réduire le mouvement à ses militants qui crient le plus fort, sans que ce soit une majorité.

Et pour le reste, demander aux femmes de garder leur colère pour elles revient, comme toujours, à leur demander de ne pas prendre trop de place, ne pas parler trop fort, être gentilles et polies en toutes circonstances (et si elles sont jolies, c’est encore mieux). On ne penserait pas à dire des partisans de la Révolution Française qu’ils auraient pu se battre plus calmement pour l’abolition des privilèges de la noblesse. Mais on le demande aux femmes qui se battent, ou même seulement qui parlent des injustices qui les touchent au quotidien. Et on leur dit encore ce qu’elles devraient faire et comment plutôt que de les écouter et de comprendre ce qu’elles ont a dire, plutôt que d’essayer de comprendre d’où vient cette colère. Et encore une fois, ce « on » désigne les personnes qui tiennent ce genre d’arguments et non tous les hommes de cette planète.

Dans un prochain article, je tenterai d’analyser et d’expliquer selon mon expérience et mes lectures, d’où vient la colère des femmes et des féministes, et celle que je peux ressentir parfois.

Et je terminerai cet article en disant que l’on s’écouterait tous sans doute plus facilement si on se rappelait surtout que le féminisme n’est pas une lutte des femmes contre les hommes, mais une lutte des humains contre un système que l’on appelle le patriarcat et qui ne fait du bien à personne.

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